Le paysage
Historique
Le mystère du "s" de Chuzelles...
Patrimoine
Blason
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Le paysage
 
Le paysage de Chuzelles se dessine, comme cela a souvent été dit, en un amphithéatre de collines qui entourent une cuvette centrale. Cette ceinture de collines formées par les moraines glaciaires est coupées par de nombreuses combes.
Deux échappées plus larges assurent la liaison vers Villette de Vienne et vers Vienne.Elles ont été ouvertes par la vallée de la Sévenne qui opère un brusque changement de direction quand elle se heurte aux rochers christallophylliens des tout premiers contreforts du Massif Central. Ce changement d'Est en Ouest pour un traçé Nord-Sud a sans doute induit un changement de nom, la vallée de la Sévenne devenant la vallée de Lev(e)au.
 
La zone plane est formée par les terres humides des Serpaizières, avec ses étangs aménagés, ses cressonnières et ses roselières résiduelles (à une hauteur située à 190m) ainsi que par la plaine fertile du Boiron.Puis on s'élève jusqu'aux points culminants (Les Rivoires à 357m et Montferrat à 348m). La zone de transition urbanisée forme une bande médiane au pied des Balmes Viennoises. Une ligne de crêtes généralement boisée ceinture le territoire de la commune. Quelques échancrures s'y dessinent: elles sont la trace d'anciens défrichements opérés pour la culture de la vigne.
 
 
 
Historique
 

Si la commune de Chuzelles est de création récente (1875), le nom Chuzelles a une existence beaucoup plus ancienne. Il apparaît pour la première fois, sous sa forme latine de villa caucilla, dans un acte de vente de 845.

Ce nom pourrait renvoyer au surnom de Chaucius , donné à un général romain vainqueur de la tribu germanique des Chauques.

On sait, à partir de cette date de 845, que certains hameaux de Chuzelles (Thiers, Saint-Maxime, Saint-Maurice…) sont le siège d'exploitations agricoles aux activités variées. Ces propriétés rurales pourraient avoir eu des antécédents à l'époque gallo-romaine.
En effet, on trouve, ici et là, des pierres de calcaire ainsi que des fragments de tuiles que les archéologues appellent tegulae. De même, de nombreux tessons de poterie grise des XIe et XIIe siècles à Saint-Maurice, témoignent de la présence d'habitations à cette époque.

A partir du XIVe siècle, on connaît les familles qui se succédèrent à la tête de la seigneurie locale. On y trouve quelques grands noms de l'histoire dauphinoise, les Maubec par exemple, voire de l'histoire de France avec une très furtive - et peut-être très lucrative - apparition de Diane de Poitiers ou l'un des frères Paris, grands pourvoyeurs de fonds auprès de la royauté.

Au XVIIe et XVIIIe siècles, les deux paroisses de Chuzelles offrent l'image habituelle des communautés d'ancien régime lourdement frappées par les impôts.
Outre la taille et épisodiquement la capitation, la communauté est sollicitée pour des contributions certes exceptionnelles, mais si diverses qu'elles sont très fréquentes. Elle doit subvenir au nombreux " passages des gens de troupes " en Dauphiné, aux dégâts causés par les inondations du Drac, à la construction des fortifications de Grenoble,.. etc.
Localement, elle est mise à contribution pour la construction et l'entretien des bâtiments essentiels que sont l'église et la cure. Les propriétaires riverains de la Sévenne, qui connait de fréquents débordements, doivent également entretenir les berges et nettoyer le lit de la rivière à leurs frais. La surcharge est si lourdement ressentie qu'on en arrive même, en 1699 à une sorte de grève des impositions seigneuriales en nature.

La communauté doit aussi faire face à un épisode de peste en 1628-1629. Les relations avec Vienne sont coupées.
Chuzelles connait également ses crises démographiques et n'échappe pasà la gande crise qui touche le royaume de 1692 à 1694. A Saint -Hippolyte, 1692 on enregistre 6 naissances pour 18 décès.

Quelques familles ou personnalités émaillent la vie de cette petite communauté rurale. Parmi elles, on citera la famille de Vaugelet établie à Chuzelles pendant 3 siècles et dont 2 membres furent maires. On peut évoquer aussi 2 prêtres Ladresve, curé de Saint-Hippolyte de 1714 à 1757, et Pierre Servant, curé de Saint-Maurice à partir de 1775. Le premier déclenche un procès retentissant dans le monde viennois, en mettant en cause, pour malversations supposées, les autorités locales. Le 2nd, inscrit sur la liste des suspects et des émigrés, prend la fuite, se rend à Grenoble puis Toulon et finit par comparaître devant le tribunal révolutionnaire de Lyon ou il peut se justifier.

Mais surtout, l'histoire de Chuzelles est celle d'un village à la conquête de son indépendance et de son unité.
On peut suivre dans l'histoire religieuse de la commune les grandes étapes de ce cheminement vers l'émancipation.
La première construction d'une cure en 1674 permet à un prêtre de s'installer à demeure. L'autonomie religieuse par rapport à Villette n'est cependant acquise quand 1846, date de l'érection de l'église vicariale de Chuzelles en succursale. Ce changement est dû à l'intervention d'un enfant du pays, Alexandre Molline de Saint-Yon, qui a grandi au château de la Martinière et est devenu ministre de la guerre en 1845.

L'ultime étape est franchie en 1875 avec le décret de fondation de la commune. Le décret crée certes la commune, mais pas un centre. Territorialement la structure du village est encore éclatée en deux anciennes paroisses avec deux zones d'urbanisation bien distinctes et une rupture en dépit de la disparition de l'église de Saint-Maurice.

 
 
 
Le mystère du "s" de Chuzelles.
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Le " s " qui achève le nom du village est d'introduction récente. Etymologiquement, rien ne le justifie. Avec une terminaison latine en " a ", on devait aboutir à un simple " e ". Et telle fut l'orthographe de Chuzelle pendant des siècles.

C'est dans la première moitié du XIXe siècle que le " s " commence à apparaître sporadiquement. Toutefois, lors de sa création en 1875, dans le décret signé Mac Mahon, la commune n'a pas encore son " s " final.

Parallèlement, le registre " coté et paraphé " remis par la sous-préfecture à la mairie " pour servir à l'inscription des délibérations du conseil municipal " indique Chuzelles (avec " s ").
Au début du XXe siècle, par exemple sur les premières cartes postales, on note encore des hésitations.

Dès lors se pose la question de l'origine de ce " s " superfétatoire. Trois réponses sont possibles. Loin de s'exclure, elles peuvent se compléter:

  • La graphie ancienne implique un lever de plume qui poursuit la courbe du e situé en finale. Cette enjolivure a pu inciter à penser à une terminaison en " s ".
  • L'assimilation - ou la confusion - avec la commune de Chazelles, pourtant située dans un autre département, la Loire, a indéniablement joué. Le dérapage le plus spectaculaire a lieu lors de l'établissement du cadastre dit " napoléonien " en 1824. Si le plan cadastral porte bien la mention Chuzelle, la matrice porte un beau Chazelles en lettres grasses…
  • Ces explications relèvent plutôt de l'accident. Il existe sans doute une autre raison - on dirait volontiers structurelle - plus convaincante. Rappelons que, sous l'Ancien Régime, Chuzelles se composait de deux paroisses bien visibles sur la carte de Cassini (XVIIIe siècle). L'existence de la paroisse de Saint-Maurice prit fin avec la Révolution. Le bâtiment de l'église, non entretenu et n'étant plus que ruines, finit par être rayé de la carte vers 1835. Le régime communal issu de la Révolution évite le terme de paroisse et l'avis au public pour l'ouverture des vendanges de 1797 nous livre la clé du mystère. Il commence par ces mots : " Les citoyens des deux Chuzelles sont avertis… ". Chuzelles comporte le " s " indispensable à l'accord grammatical.

Un détail orthographique peut parfois cacher une part d'histoire et renvoyer à tout un aménagement territorial étalé sur un millénaire. Le " s " de Chuzelles conserve " inconsciemment " une trace de mémoire collective et renvoie à son origine plurielle…

 
 
 
Patrimoine
 

Le patrimoine de Chuzelles conserve les traces de nombreuses époques.

  • Un tertre gallo-romain en bordure de nationale 7, qui porta des fourches patibulaires puis un moulin, se trouvait au niveau d'une bifurcation du raccourci romain de Vienne à Lyon.
  • L'existence d'une nécropole mérovingienne a été confirmée récemment, de même que l'emplacement des fortifications d'un château fort primitif qui donna son premier nom à la seigneurie locale : Formont.
  • Le Moyen Age a laissé une chapelle datant de la première moitié du XIe siècle et construite par les moines de l'abbaye de Saint-André-le-Bas de Vienne.
  • La fin du XVIe siècle, puis les XVIe et XVIIe siècles voient s'élever une quinzaine de demeures appartenant à la bourgeoisie de robe et de commerce viennoise ainsi qu'à la noblesse locale. La plupart de ces gentilhommières sont encore présentes sur le territoire communal et contribuent à le structurer.
  • Dans la vallée de Leveau se dressent la haute cheminée et les étages d'un moulin qui est l'un des rares exemples, dans la région viennoise, d'un moulin resté en activité depuis l'Ancien Régime. Après avoir été moulin à blé, puis, au XIXe siècle, successivement moulin à foulons pour le dégraissage des " draps " viennois et papeterie, il a retrouvé sa vocation primitive de minoterie.
  • Dans la dépendance de l'industrie viennoise, une mine de blende (sulfure de zinc) et de galène (sulfure de plomb) fut exploitée pendant quelques années, entre 1729 et 1745, sur les pentes du hameau de Pauphile.
  • On achèvera ce tour d'horizon par le monument aux morts qui se signale par une inscription et un système de décoration à tendance nettement pacifiste.
  • La chapelle Saint-Maxime mérite une mention spéciale. Elle est un point phare du patrimoine du Pays Viennois. Edifiée dans la première moitié du XIe siècle par les moines de l'abbaye de Saint-André Le Bas de Vienne elle a conservé son aspect primitif. Son saint patron, moine à Lerins puis évèque de Riez en provence est porteur du patrimoine spirituel du monde chrétien méditérannéen à la fin de l'empire romain. Le pelrinage, officialisé par une bulle papale au XVe siècle, s'est maintenu jusqu'à nos jours, en dépit de quelques périodes de désaffection. En écho à la fresque de l'abside représentant le Saint dans son activité de thaumaturge, des expositions y sont organisées. Son accoustique très pure permet d'y écouter des concerts de qualité
  • Quand à l'église du village, sous le vocable de Saint-Hippolyte, des éléments anciens de construction y on été concervés ( fenêtres et voutes en ogives).Sa partie Nord remonte peut-être au XIIe siécle. Une de ses cloches est datée de 1584. Les travaux de rénovation du début des années 60 lui ont fait faire un bon en avant en l'inscrivant dans le sillage de Vatican II. Dépouillée de son décor du XIXe siècle, elle s'est ouverte à des oeuvres d'art et un mobilier religieux original à forte charge symbolique.
 
 
Blason
 
La création des armoiries de Chuzelles a été évoquée pour la première fois au sein des commissions municipales "patrimoine" et "fêtes et cérémonies", à la recherche d'idées percutantes et innovantes, à l'occasion de la commémoration du 1150° anniversaire de "Chuzelles", devant se dérouler de septembre 1995 à septembre 1996.
 
De cette première évocation au résultat final, pas moins de 60 projets ont été dessinés, dont 30 présentés en conseil municipal, parmi lesquels 6 retenus et soumis au public le 16 mars 1996, lors d'une exposition ( plantation d'un chêne commémoratif à la chapelle Saint Maxime).
4 autres modèles ont, ensuite, été proposés, donnant le projet définitif présenté, sous deux formes différentes, à un héraldiste professionnel.
 
Et, c'est le 11 juin 1997, que les armoiries de la commune sont officiellement enregistrées dans "l'Armoirial de France et d'Europe": brevet d'enregistrement référence: 1997-1279, publié et déposé au ministère de l'intérieur ainsi qu'à la bibliothèque nationale (1er trimestre 1998)
 
Description des armoiries et leurs sens
 
"D'azur à un pairle d'argent, accompagné en chef de trois fasces ondées du même, à dextre, d'une anille d'or et, à senestre, d'un épis de blé du même"
Timbré d'une enceinte fermée à trois tours, chargée du nom latin de la commune, en lettres romanes de gueule: VILLA CAUCILLA.
Soutenu par deux dauphins debout, d'azur aux nageoires et queues de gueules.
Pour devise: UBI BENE, IBI PATRIA, en lettres romanes de gueules sur listel d'or.
La devise peut se traduire par: " là où l'on est bien, là est la patrie"
 
Les couleurs retenues représentent à la fois:
  • le soleil, la lune, la terre, l'air, l'eau, le feu pour ce qui est de notre environnement
  • la jeunesse, la vieillesse, en ce qui concerne la condition humaine
  • l'amour, la prospérité, l'innocence ou la vérité, la justice et la loyauté, la sagesse et la prudence parmi les nombreuses vertus humaines.
Les pièces :
  • le pairle ou "Y" partition originale, en plus de sa signification symbolique de rectitude et d'équilibre, rappelle par sa forme le pallium des évèques et la chapelle Saint Maxime
  • les trois fasces ondées: représentent la rivière ( La Sévenne), sans laquelle l'agriculture et l'activité du moulin n'auraient pu se développer
  • l'anille rappelle que nous avons eu des moulins, un à eau à Leveau qui fonctionne toujours, un autre à vent ( la tour à Boussole).
  • l'épi de blé: Chuzelles a un passé agricole qui subsiste de nos jours
  • les dauphins nous rappellent notre appartenance au Dauphiné
  • l'enceinte est un clin d'oeil à l'histoire ( chateau de Formont)
 
 
 
 
Diaporama
Cartes postales anciennes de Chuzelles et photos actuelles
Cliquez sur les images pour les agrandir.
 
Vues générales
   
Vue générale, côté Nord Vue générale, côté Sud

Date : 1956

Date : 2003

Editeur : Collion

 

   
L'église
   
L'Eglise (avec le prètre) L'Eglise, côté Ouest

Date : 1910

Date : 2003

Editeur : Blanchard

 
   
   
Le Groupe Scolaire
   
Le groupe scolaire Le groupe scolaire
Date : Date : 2003

Editeur : Combier

 

   
La Place
   
Le carrefour de la Mairie Place de la Mairie
Date : Date :2003

Editeur : Combier

 

   
Le centre du village
   
Le centre du village Le centre du village
  Date :2003